HAÏTI CHERIE

Haïti, Haïti, woyoyoyoye ! Haïti !
Woye, manman ! Woye, Haïti !
Aïe, femme délaissée, femme malmenée !
Quelle misère, quelle désolation !
Ce soir, ton prince chéri
Ne descendra pas dans le port
Pour t'embrasser et honorer ton corps.
Plus que jamais tes rêves ne sont qu'illusions
Car, il souffle un vent trop fort dans le port.
Et puis, Port-au-Prince, le joyau aux mille décors
N'a plus de port.
La rade est jonchée de débris, de cadavres et de corps morts
Port-au-Prince n'a plus de port, ni d'aéroport
Pour recevoir et transporter vers l'autre bord
Haïti, ah, maman !
Haïti, ton poids de misère
S'est avéré si lourd
Qu'il glissa sur la faille,
L'a cassée et causa le déclin jusque dans tes entrailles
En précipitant tour à tour
Les fruits sacrés de ta matrice dans l'enfer


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Impitoyable qui brûle jusque la terre
Où ta misérable destinée te fit poser les pieds
Oh ! Cher pays, oh ! Triste sort
Un glaive infernal se plante dans ton corps.
Des barbares, bien souvent, tes propres fils
Se transforment en tyrans et transpersent ton corps
Pour garder le pouvoir qu'ils laisseront à leur fils
Qui à leur tour
Te feront du mal parce qu'ils ne savent faire,
Sur cette terre de convoitise, que du mal.
Cette terre qui est la proie du mal,
Cette terre desséchée, sans substance, sans eau,
Ces villes sans camions, sans autos,
Sans avions, sans bateaux.
D'ailleurs, c'est toujours ces vieux rafiots
Qui emmenaient tes enfants mourir en hautes mers

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